Vicissitudes
Je l'ai raccompagnée...
Des pensées bien soignées
Au coin de sa fenêtre,
Un amour qui va naître.
On va de ce côté
Sans bien se tourmenter.
C'est parti pour longtemps,
En fabuleux instants,
En mots qui amadouent,
En silences si doux.
Des soleils qui se lèvent,
Des habits qu'on enlève.
Les yeux la voix les mains,
Les merveilleux demains.
Les nous c'est pour toujours,
Et les bagues d'amour.
Sincère attachement,
Curieux détachement.
Couci-couça, ça va.
Elle n'est plus ma diva
Et ni moi son mentor.
Elle pense que j'ai tort.
Combien elle est futile,
Et m'est-elle bien utile ?
Rapides agacements,
Petits désagréments,
Brèves contrariétés
Et autres joyeusetés.
De vraies inélégances,
Et puis quelques offenses.
Un jour, stupéfaction
devant l'incorrection.
Le couple désuni,
Chacun se rembrunit.
L'amoureux épuisé,
Aux câlins malaisés,
Voit s'envoler sa chance.
Mur de l'indifférence.
A quoi sert sa noblesse
Et que vaut sa richesse
Si de douleur il pleure
Et quand d'amour il meurt ?
Il passe au laminoir
Tous ses dimanches noirs
Et toutes ses nuits blanches.
Et c'est le corps qui flanche
Sans trouver le repos.
Eh bien la vie, chapeau !
Tu m'envoles, tourterelle,
De tous tes propos frêles,
Puis me fait tituber
D'un mot. Je vais tomber.
Tu m'ignores puis m'assièges.
Attaché à ton piège,
Je ne suis guère nourri
Que de ta fourberie.
Douleur et impatience,
Et la désespérance.
Ton bras veut m'enlacer,
Je ne peux avancer
Car l'autre m'en empêche.
Mal en point ou revêche ?
Sentiments simulés.
Scories accumulées.
Elle, ma belle,
Me harcèle
Et m'ulcère.
Insincère,
Hésitante
Elle me tente.
Sous la lune
M'importune.
C'est pareil
Au soleil.
Incertaine
Elle me traîne,
Humilié,
A ses pieds.
Ô faiblesse,
Ô caresses !
Je vois, tes yeux se brouillent...
Que chacun se débrouille !
Allez je te pardonne !
Enfin, quoique je donne,
Le compte n'y sera pas.
Ce jeu ne me plaît pas.
Et c'est mon âme en peine
Qui désormais se traîne
Dans mon grand labyrinthe
Synaptique. Ô ma plainte !
Ô ma vie moribonde
Et ma peine profonde
Comme les fontanelles,
Si fragiles venelles,
D'un bébé mal nourri
Au jour du grand pari.
J'offre tout un empire
Pour un de ses sourires.
Elle ne le donne pas,
Ne me regarde pas.
Quand je pars sans retard
Pour tuer mon cafard,
Reviens-moi, me dit-elle,
Donne moi des nouvelles !
Elle coule mes vaisseaux.
Les derniers soubresauts
D'un amour qui se meurt
A bas bruit, sans clameurs.
Ultimes convulsions.
Nouvelles contractions.
Mourir à petit feu,
Mûrir un petit peu...
Des mots en noir et rose
De poèmes et de prose.
Moments plus que sacrés
Heures douces et sucrées,
Puis sombres, solitaires.
Absurdes inventaires.
Cher Ovide au secours,
Toi mon dernier recours
Qui connus ces tourments
Redis-moi, oui, comment
Sortir de ce faux pas.
Raisonne-moi... ou pas.
Mais sors-moi de l'enfer
De cette drôle de guerre.
Desserre-moi cet étau.
Reprends-moi ce couteau.
« Regarde droit sans peur,
Délaisse ta stupeur.
Pas trop d'inimitié.
Ni peine, ni pitié,
Pas de plainte, pas de haine.
Oubliée la vilaine,
S'il faut, prends le maquis,
Détourne toi de qui
Ne te satisfait pas,
Il est d'autres appas.
Du plaisir, des projets,
L'esquisse d'un trajet.
Des pensées positives,
De belles perspectives.
Vers de joyeux sourires
Empresse-toi de courir. »
poème publié en février 2013