Smileys :-))

J'ai le sourire aux lèvres, ne veux pas être sage
Et de mes doigts agiles lui adresse un message.
Excès d'émoticônes, profusion de smileys
S'offrent à moi sans frein, impatients et zélés
De partout ils accourent, vers moi se précipitent
Ils sont pleins de désirs, ils sourient et palpitent
Lequel choisirai-je, lequel lui plaira
Lequel sa magie sur elle opérera ?
Faire ma déclaration, lui dire ce que j'éprouve
Et que depuis toujours j'aime qu'on se retrouve.
Le juste choix du trait, l'espace du sourire,
Des mots bien aiguisés et du temps à offrir.
Exercice littéraire, comme un amusement,
Et puis taper Alt 1 ☺ bel aboutissement.
Ou alors préférer une valeur plus sûre :
Le sourire classique, incontestable et pur :-)
Harmonieux, serein et parfois grandiose :-)))
Ou celui qui gracieux vient avec une rose, @}-->-
Le clin d'œil si plaisant, pas facile à apprendre ;-)
Car c'est dans la vraie vie qu'il te faudra le rendre,
Celui du bienheureux riant de ses dents blanches :-D
Une félicité qui tombe en avalanche,
Un ravi bouche bée de sa béatitude :-O
Qui pour sa vie encore a mille gratitudes.
Le smiley est parti et l'affaire est tranchée,
Et au bout du réseau, l'élu va la toucher.
Le message envoyé, accusé réception,
Rédiger un nouveau ou rouvrir la session ?
Quand de mes doigts habiles et remplis d'impatience,
J'ajoute la fantaisie et puis l'efficience,
Dix fois sur le mobile je remets mon ouvrage
D'émoticônes fines je remplis page sur page !
Sois conciliant lecteur, cœurs de pierre s'abstenir ♥
Le meilleur, tu verras, est encore à venir...
C'est un ange gardien qui me donne des ailes,
C'est un démon gracieux qui toujours m'ensorcelle.
Ribambelles d'agréments*****, chapelets de plaisirs,
Kyrielle de délices, en urgence, à saisir.
S'éloigner s'il le faut <-> et sans bouleversement
Et puis se retrouver comme un commencement. ♂♀
Ces jours anciens déjà d'avant la 4G,
À la question fatale bien souvent je songeais :
Quand sur ton lit de mort étendu et dolent
Repensant à ta vie et à tous tes talents,
Seras-tu souriant, de quoi pleureras-tu,
Aimas-tu ton destin, quels regrets auras-tu ?
Alors cessa mon monde absurde et cafardeux ░░░░
D'occasions ratées, d'amours calamiteux,
Qui me faisaient souvent aimer la solitude
Plutôt que de tomber en mornes servitudes.
Je convins aisément que ni rien ni personne
Ne pourrait me priver, bien fort je le mentionne,
Des ces jours enchanteurs, du beau jeu de la vie,
De ses moments magiques. Et soudain je la vis.
Ambre m'est apparue, pour la première fois,
Sur ce parking banal où je passais parfois.
J'échangeai avec elle, non pas quelques propos,
Mais une pièce, deux euros, contre deux d'un euro,
Transaction régulière pour satisfaire la fente
D'un caddie de parking. La chose se présente
Plus souvent qu'on ne croit. Est-ce bien ce jour-là,
Dans la pâle chaleur d'un matin sans éclat,
Qu'alors notre bonheur a vraiment débuté ?
Ou bien cet autre jour, où nos vitalités
Se sont télescopées au détour d'une rue ╗
Chocs et politesses. Le coup qui apparut :-(
Fut celui de la foudre, le début d'un bonheur :-)
Le coup gagnant-gagnant, grand seigneur ou soigneur.
Et commencèrent alors appels et petits mots
Succulents papotages en pianissimo,
Et nos longs dialogues, subtils et silencieux.
Le S.M.S., ça plaît, pourtant il y a mieux...
Car nous nous rapprochons dans des froissements de soie,
L'émotion se dénude, les talents se déploient,
Je goûterai enfin de sa peau satinée
Un jour de plein soleil, heureuse destinée.
Malgré séparations et réconciliations,
C'est toujours le désir et la chaude intention,
Qui prennent le dessus. Et chacun a cessé,
Début de la sagesse, que l'idée est sensée,
D'insister pour que l'autre puisse le rendre heureux ;-)
Être rempli de soi et ne pas vivre en creux. ☺
C'est vrai, dès le matin, nos choix sont différents.
Moi j'écoute Europe 1, elle son concurrent.
Et nos idées divergent sur le sort de la France.
Mais du désagrément :-/ n'est pas de la souffrance :-(
Et nous adoucissons nos envies de colère :-&
En craignant de tomber dans le spectaculaire >:-()
Et que tous nos débats deviennent des batailles -> <-
Inutiles folies. Que jamais ne s'entaillent
Notre goût de l'échange, avec l'amusement,
Nos belles controverses, talentueusement.
Ne pas s'aventurer sur des sables mouvants
Et garder sur la langue tous les mots ravivant
Des blessures anciennes, des pièges et des chagrins.
Je ne pourrai pas tout, bien sûr je le crains.
Jamais je ne serai son beau mécanicien
Ni son charmant plombier, ni de son dalmatien
Le guide distingué, son valeureux chauffeur,
Son gracieux écuyer, ni même son coiffeur.
Non, mais je suis l'agent de sa réassurance
Et le cartomancien chargé de la voyance
(Ta vie sera heureuse entre valse et tango),
Le bon restaurateur de son fragile ego,
Le brasseur quotidien d'un cordial breuvage,
Son chevalier servant ni guindé ni sauvage,
Serrurier ciselant la clef d'or du portail ⌂
De sa sérénité. Si loin de ses batailles.
Le vigilant gardien de ses cent mille nuits
Où elle me tend ses lèvres et jamais ne s'ennuie.
De nos philtres d'amour, elle est laborantine,
Elle est ma musicienne, me joue des sonatines
Sur ma corde sensible fait de la surenchère.
Elle est cardiologue, ou bien plutôt bouchère,
Elle attendrit sans concession mon palpitant.
Je suis son prince charmant, je l'attendrais cent ans,
Elle est ma Pénélope : quand il me faut partir,
Elle sait que j'aimerai revenir me blottir.
Ambre est le personnage de mon plus beau roman.
Ces héros accablés interminablement
Aux amours malheureux, aux immenses épreuves,
Dont la littérature et la vie nous abreuvent
Nous rendent cafardeux, remplis de compassion.
Que faire sinon que taire nos appréhensions ?
L'option 'illimité' n'est plus très populaire
Et manquer de batterie aussi on le tolère.
Nous, nous les rechargeons avec des frôlements
Des pensées, des désirs, des émerveillements ;
Un délicat message si bien agrémenté
D'un smiley rayonnant prévu pour l'inviter :
Cela fera l'affaire, nous nous amuserons
Pour quelques heures encore comme des bons larrons.
Car notre éducation qui fut sentimentale
Comprend le feu de bois, les bougies, les pétales,
Et notre liaison n'est pas si dangereuse
Quand elle unit enfin un heureux une heureuse.
Nous sommes nostalgiques d'un temps lointain déjà
Que la technologie d'un seul coup ravagea :
Marquer son arrivée d'un coup sur le carreau,
Imiter le hibou, le chat, le passereau,
Envoyer une lettre, préparer le brouillon,
Et l'écrire avec soin, ainsi qu'un tabellion.
Avoir choisi surtout des mots qui amadouent.
Ou bien plier en quatre un petit billet doux
Et le glisser fébrile dans la main de l'élue...
On manquait de smileys, on trouvait son salut
Dans l'imagination. Mais comme dit la sagesse
Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse :
Tous les modes d'approche, s'ils sont doux et sincères
Et ne vont pas zoner du côté des faussaires
Plairont assurément : le regard séduisant,
La rencontre mythique, partenaire exigeant,
Rapport électronique et autre connexion :
Nous serons toujours deux pour la validation.
Notre énergie est flamme, aux mille chatoiements,
Blonde comme ses cheveux tenus élégamment
Dorée comme le soleil qui flâne sur son corps
Halée, ne craignant pas les embruns les plus forts
Naturellement fauve quand elle montre les dents
Ambrée comme le rhum grisant et entêtant.
Elles se superposent nos deux cartes du monde
Et pour nous retrouver, si loin qu'on vagabonde,
N'avons ni logiciel pour la navigation
Ni aucune boussole et son application.
Nous préférons, au baladeur sur les oreilles Ὼ,
Main dans la main les balades au soleil.
Si je suis harassé d'un chemin de campagne /-(
Alors elle me fredonne 'la fille qui m'accompagne'.
Elle est ma vraie sagesse, mon absence de peur,
Toujours elle me surprend, me sort de ma torpeur.
Elle me trace la nuit des chemins de lumière,
Merveilles enfantines, images singulières
Et sublimes visions de paysage antique ПÏш•ЩпΪ
Je suis plongeur heureux °°°(:)-) d'un bonheur aquatique
Auprès de ma naïade comme un poisson dans l'eau <°((((=<<
Des nos décors choisis nous créons les tableaux.
Nous sommes des rochers par le temps adoucis
Recouverts d'une mousse caressante, sans soucis.
Et quand elle me fatigue... oh quelle saine fatigue,
Comme ils sont doux les soins qu'alors elle me prodigue.
Mais elle insiste un peu, malgré ma confusion,
Pour finir ce poème, délicieuse vision ;-)) :
'Depuis le nouvel an jusqu'à la fin décembre,
Tout au creux de ma chambre, pour moi Ambre se cambre'.

poème publié en février 2013

Smileys :-))