Un marabout du tonnerre.

C'était un soir de vent
Vandale et débridé,
Des pluies perpétuelles...
Elle ne regardait pas,
Passionnée de B.D.,
Dévorant, affalée,
Les Hauts de Hurlevent.
Ventrebleu ce tonnerre,
Nerveux ça me rendait.
Des éclairs imprécis
Sillonnaient l'empyrée,
Réveillant, fabuleux,
Le tonnerre obsédant
Dans les feuillées battues.
Tumulte vespéral.
Râlant je m'approchai :
Chéneau bouché, chassis
Si délabré. De l'eau
Logiquement glissait.
C'était la pluie. Le vent
Vengeur usait les gens.
J'en étais dégoûté
Terrassé, effaré,
Régressant, un enfant
Fantasque et désolé.
Les cloches du pays
Irréelles, assourdies
Disaient : ça va passer.

oulipo publié en octobre 2011

Un marabout du tonnerre.

Ce texte est inspiré d'un autre texte proposé par l'association Zazie Mode d'Emploi en 2012.
Voir le texte de référence

C'est un soir de vent, de tonnerre et de pluie...

C'est un soir de vent, de tonnerre et de pluie. Elle est plongée dans la lecture des Hauts de Hurlevent en bande dessinée. Un brusque coup de tonnerre et la pluie persistante se change en pluie d'orage, avec des éclairs nets ou diffus, et un tonnerre qui dirait-on fouette les frondaisons dans les gris du soir. Par le cadre de sa fenêtre s'infiltrent des minces fils de pluie poussée par les coups de bélier que le vent assène contre l'abondance soudaine d'une pluie que ne veut ni homme ni herbe, pas plus que le tonnerre qui vous fait sauter comme un enfant, ou ce vent qui arrive presque à étouffer le gong du soir.

Sainte-Catherine, Harry Mathews, P.O.L.2000

Ce texte est un marabout.
Qu'est-ce qu'un marabout ?

Les vers du poème du marabout riment comme dans le jeu du même nom : « Marabout, bout d'ficelle, selle de cheval... »