Ô képis

Ô képis, ô kapos ! Une rafale s'abat, animale. Habiter à Dora, dure sinécure ! Le détenu ne cède pas, il abolit un abîme futur en anodine habitude. Rêver à des images, étalage de coloris. Examiner, avide, ça revigore le vécu ! Ça ne dure pas une minute, ça s'agite, s'abîme d'une vive rapidité tel une tome de Livarot. Érodé, le délice se périme, hélas, égare son âme délicate. Déçu. La vivacité de sa tête va resemer un avenir imaginatif. Il utilise, rusé, délicate parure, hâtif et inutile résidu, ranimé par un atome d'âme. Pénalité future, péril à venir, exode, dérobade... Ça ne va pas. Aboli ce refuge final !

oulipo publié en février 2013

Ô képis

Ce texte est inspiré d'un autre texte proposé par l'association Zazie Mode d'Emploi en 2013.
Voir le texte de référence

2013 : La Peinture à Dora

Circonstances du texte : Durant les longs appels à Dora, camp de concentration, François Le Lionnais, prisonnier, pratique la peinture mentale, copiant des chefs-d'œuvre ou créant des tableaux imaginaires.

C'est surtout le soir que je me livre le plus volontiers à cette sorte d'exercice. Malheureusement, mes tableaux ne durent généralement pas plus de quelques minutes, quelquefois même quelques secondes. En terme de radio-activité, leurs « périodes » sont comprises entre celles du Thorium A (0,14 seconde) et du Radium C (3 minutes). Tout se défait avec rapidité, comme les dessins de la pluie sur une vitre, et d'authentiques chefs-d'œuvre se mettent à couler comme des camemberts. Le plus souvent, découragé, je me désintéresse de ces créations trop liquides et je pense à autre chose. D'autres fois, je m'accroche, je m'efforce de les remanier et j'utilise les débris d'un tableau en pleine déliquescence pour en fabriquer hâtivement un autre, qui ne durera d'ailleurs pas plus longtemps.

François Le Lionnais, La Peinture à Dora, L'Échoppe, 1999.

Ce texte est un okapi.
Qu'est-ce qu'un okapi ?

L'okapi consiste à alterner strictement consonne et voyelle.
...Et ça n'est pas si facile !

111 mots pour FLL