1890 Ma Grand-Mère est un enfant de l'amour (Famille Brame)
Nous sommes à la fin du XIXème siècle. 1890. La Troisième République. Sadi Carnot Président. On s'agite beaucoup dans les villes, les syndicats, les anarchistes, les manifestations... En novembre, le ralliement des catholiques à la République.
Les Sénéchal sont originaires de Merville, d'Estaires... Ce sont des Isidore, des Honoré, des Catherine. Les Delebarre viennent d'Armentières. Toujours la Lys comme fil rouge. Comment se sont connus Joseph et Marie ? Question nullement dogmatique ou théologique ! Les deux familles se sont peut-être rencontrées à mi-chemin, du côté de Fleurbaix, chez des parents ou des amis communs. En tous cas, c'est à Fleurbaix qu'après leur mariage, Joseph SÉNÉCHAL (13) et Marie DELEBARRE (14) vont s'installer. Mais avant la noce, c'est le grand chamboulement. Des événements qui aujourd'hui peuvent sembler minimes et dérisoires, voire joyeux, ont du être à cette époque assez catastrophiques. Il est cassé le mythe des époux vierges au moment de leur mariage. Ce n'est pas un cas isolé. Et en même temps, quelle humanité ! Et quelle importance au fond ? Joseph ressent en lui un immense sentiment d'urgence, Marie est une passionnée. Ils sont faits pour s'entendre. Joseph et Marie se connaissent bibliquement dans la pleine chaleur du mois d'août. Mais quand l'automne arrive, il faut se rendre à l'évidence. Vite, vite, organisons le mariage ! Les six et treize novembre, à l'heure du midi, publication des baux à la porte de la maison commune. Le sept novembre, contrat de mariage signé chez Maître Desmazières, Notaire à Armentières. Et le six décembre 1890, on s'épouse à La Chapelle d'Armentières. Enceinte de quatre mois, ça passe, ça ne se voit pas. Ensuite, le couple file à Fleurbaix. Ma grand-mère Hélène SÉNÉCHAL (6) naît le dix huit mai 1891. Les parents auront trois autres enfants ensemble, comme dans l'urgence, Berthe, Paul et Marie. Père de quatre enfants, Joseph ne les verra pas grandir. Il meurt à Fleurbaix le 8 décembre 1895, cinq ans et deux jours après son mariage. Sa veuve va se remarier en février 1897 avec Constantin Louis Deburgrave, dit Constant, qui décédera rapidement lui aussi, quatre ans plus tard, le 25 septembre 1901. Mante religieuse ? Sans doute plutôt deux fois éplorée. Entre temps, naissance de Victor, qui épousera Denise Decarnin. Ils vivront dans une ferme à Fromelles et prendront leur retraite dans une belle maison bourgeoise de la rue de la gare à Bailleul. Lui, le mordu des valeurs boursières et elle si enjouée et accueillante. Enfants, nous avons plaisir à leur rendre visite pour manger le gâteau aux noix, après les recommandations de nos parents de bien nous tenir. Car nous sommes là dans un tout autre monde que le nôtre, celui d'un luxe et d'un goût de l'art que nous n'imaginions même pas.
récit publié en janvier 2012